Corpus sigillographique


Il va sans dire que les objets archéologiques sortis de terre constituent une source parfaitement fiable pour éclairer une époque. Parmi les bulles et les sceaux du corpus, quelques dizaines proviennent de fouilles officielles (Suse dans le Khuzistan, Qasr-i Abu Nasr dans le Fars, etc.). Cependant la majorité nous est parvenue par le biais de fouilles clandestines ce qui prive ces objets d’un contexte archéologique et du lieu de la découverte. Quoiqu’il en soit, les données que ces objets véhiculent reflètent une situation réelle bien qu’il soit parfois délicat d’en déterminer l’époque précise. En effet, même si les objets ont été découverts lors d’une fouille officielle, le contexte — souvent un genre d’archive — ne permet pas  vraiment de savoir à quel moment un sceau administratif était utilisé.

Toutefois, on sait grâce au Mâdayân î Hazâr Dâdestân ou «recueil de mille jugements» que certains types ne voient le jour que sous Kawad I, père de Husraw I, d’autres seulement sous Husraw I. Et d’une manière générale, il n’est pas certain qu’avant les réformes administratives du VIe siècle, il existait des sceaux purement administratifs et épigraphiques, ce qui ne veut pas dire que ces administrations n’existaient pas puisque d’autres sources primaires les mentionnent. Un certain nombre de bulles administratives ont été attribuées à l’époque de Husraw I et de son fils Ohrmezd IV parce que des arguments existent (voir Bibliographie: Gyselen 2007) pour les attribuer à la même ‘archive’ que celle des bulles portant un sceau de spâhbed ou général en chef sur lesquel on trouve systématiquement le nom du roi (Husraw I ou Ohrmezd IV) sous lequel le général d’empire a servi.

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Repères méthodologiques

La seule source contemporaine en moyen-perse pour appréhender l’organisation administrative sous Husraw Ier est constituée de sceaux et de leurs empreintes sur des bulles. Ces sceaux ont appartenu à des administrations territoriales et non-territoriales qui les appliquaient sur des morceaux d’argile (les bulles) pour sceller documents et objets. Les sceaux des administrations territoriales sont caractérisés par l’association du nom de la circonscription à celui de l’administration, alors que les sceaux des administrations non-territoriales portent uniquement le nom de cette administration. Certains de ces sceaux ont appartenu à la personne responsable d’une administration qui y mentionne son nom et sa charge administrative, donnant ainsi au sceau un caractère officiel. Ces sceaux portent toujours un motif iconographique, souvent un ‘portrait’ du haut-fonctionnaire, parfois un motif animalier. Si le type de sceau officiel est attesté pour toute la période sassanide, il en va autrement pour les sceaux administratifs qui sont anonymes. Aussi les sceaux administratifs des instances non-territoriales portent un motif iconographique, alors que ceux des administrations territoriales ne portent que des inscriptions. Ce dernier type a été créé au VIe siècle et constitue pour l’époque de Husraw Ier la source principale.

Tableau des sigles des différents types de sources exploitées dans le corpus :

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